Homélies du mois d’octobre 2017

homélie du père Nathanaël Valdenaire pour le dimanche 22 octobre (10h30) :

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu : votre vie !

homélie du père Christophe Malric pour le dimanche 22 octobre (19h)

homélie du père Hugues Jeanson pour le dimanche 15 octobre (10h30) : revêtir son habit de noce


homélie du diacre Pierre-André Chevaux pour le dimanche 15 octobre (19h)

homélie du père Hugues Jeanson pour le dimanche 8 octobre (10h30) : accueillir le méprisable

homélie du père Nathanaël Valdenaire pour le dimanche 1er octobre (10h30) :

Se laisser bousculer et espérer le salut de tous

Anecdote dans le commentaire de “famille chrétienne” pour l’évangile de ce dimanche :

“Il y a deux types de chrétiens : les chrétiens Axtérix qui ont besoin d’une bonne dose de potion et les crétiens Obélix qui sont tombés dedans quand ils étaient petits. Les chrétiens Axtérix savent qu’ils sont faibles et doivent leur force à un autre. Les obélix risquent de s’habituer à cette force qu’ils ont eu dès l’enfance”.

 

L’évangile de ce jour : une mise en garde et une bonne nouvelle

– Contexte :

Jésus en train d’enseigner dans le temple après l’entrée messianique à Jérusalem. Des grands prêtres et des anciens viennent alors le questionner. Juste avant le passage qu’on vient d’entendre, ils posent cette fameuse question : “par quelle autorité fais-tu cela ?”. Jésus leur rétorque la question : “le baptême de Jean, d’où était-il ? du ciel ou des hommes ?”. Alors ils se font ce raisonnement en eux-mêmes : “si nous disons ‘du ciel’, il nous dira ‘pourquoi donc n’avez vous pas cru en lui ?’ et si nous disons : ‘des hommes’, nous avons à craindre la foule car tous tiennent Jean pour un prophète”. Alors ils choisissent de ne pas répondre à cette question.

C’est à ce moment là que Jésus rétorque cette parabole que l’on vient d’entendre sur celui qui dit oui mais ne fait pas la volonté du Père et celui qui dit non puis finalement se convertit et fait la volonté du père.

-> Vous voyez que le contexte derrière c’est le positionnement des grands prêtres et des anciens par rapport à Jean-Baptiste.

Qu’a fait J-B ? Il a invité les gens à venir se purifier de leur péché pour pouvoir accueillir le messie qui arrivait.

Les grands prêtres et les anciens qui sont sensés être ceux qui écoutent la parole de Dieu et font sa volonté, n’ont pas cru en la parole de J-B. Ils n’ont pas cru que c’était Dieu qui parlait à travers Jean-Baptiste et donc ne sont pas entrés dans cette démarche de conversion pour accueillir le Sauveur.

Or qui est allé se faire baptiser par Jean dans le Jourdain ? Le peuple, les pécheurs : les publicains et les prostitués. Eux par leur vie ils ont d’abord dit “non” à Dieu mais entendant J-B, ils ont cru en la parole de Dieu, ils se sont convertis et ont accueilli Jésus.

Vous voyez ce n’est pas parce qu’ils sont publicains et prostitués qu’ils précèdent les prêtres et les anciens dans le Royaume, mais parce que eux ils ont cru en la parole et ils se sont convertis.

Le drame des prêtres c’est que, alors qu’ils sont censés être ceux qui disent oui à Dieu, qui font sa volonté, ils n’ont pas cru que Dieu leur parlait à travers Jean-Baptiste et que, même en voyant que la parole de Dieu en J-B avait pour effet que les publicains et les pécheurs se convertissaient et changeaient de vie, ils ne se sont pas repentis. Ils se sont enfermés dans leur certitude d’être du côté de Dieu alors qu’en réalité, ils ne sont pas entrés dans le salut qu’il leur proposait.

 

– Une mise en garde :

Au nom de Dieu on peut se fermer à l’action de Dieu. Illusion de croire que parce qu’on a dit oui, parce qu’on est du “bon” côté, on fait nécessairement la volonté de Dieu. Il nous faut sans cesse nous poser cette question : est ce que j’entends vraiment ce que Dieu me dit aujourd’hui à travers les prophètes d’aujourd’hui, à travers la parole que je reçois dans la prière, et est ce que je me laisse bousculer, déranger dans mes certitudes et mes habitudes par cette parole.

 

– Une bonne nouvelle :

Il y a toujours une bonne nouvelle. Et bien c’est que l’on peut toujours se convertir. Même si on a commencé à dire non, on peut revenir et faire la volonté de Dieu. Même les grands prêtres jusqu’au bout avaient cette possibilité de se repentir. Rien n’est jamais perdu pour Dieu. Aujourd’hui je peux entrer dans le Royaume par le repentir et la foi. Dieu a la puissance de venir chercher celui qui est le plus loin !

 

3 Objectifs pour ce dimanche et cette semaine :

 

* se laisser bousculer par le Seigneur dont l’action déborde toujours la case dans laquelle on voudrait l’enfermer. “Mes voies ne sont pas vos voies”. Dieu nous demande de lire les signes des temps pour reconnaître où et comment il agit aujourd’hui. Dieu peut parler et agir à travers un moyen complètement déconcertant : vous devez accepter d’être bousculés, d’être dérangés dans vos habitudes. L’enjeu c’est de s’ouvrir à la surprise de Dieu et ne pas se renfermer sur ce que moi j’ai compris de Dieu. Ex : certains chrétiens, certains théologiens aujourd’hui, s’agitent à cause de certaines orientations que donne le pape François. Voilà un pape qui bouscule et qui oblige les chrétiens à changer de perspective dans tel ou tel domaine. 2 attitudes : ou bien je me renferme sur ce que ma petite personne pense de ce que Dieu pense et fait ou bien je me laisse surprendre bousculer et je décide de regarder l’oeuvre de Dieu dans le monde d’aujourd’hui qui cherche à faire entrer dans son Royaume ceux que nous risquerions d’exclure.

 

* accueillir chacun de mes frères chrétiens comme une merveille, se réjouir de ce que Dieu fait et peut faire dans la vie de celui ou celle sur qui j’ai peut-être mis une étiquette, comme le faisaient certains à l’époque de Jésus : celui-ci, celle-là, avec son style, avec la vie qu’il mène, avec ses idées à l’opposé des miennes, sa spiritualité, il est forcément loin de Dieu ou en tout cas c’est pas un vrai chrétien comme moi. Dimanche dernier, vous avez tous reçu cette parole personnelle du Seigneur : “tu as du pris à mes yeux et moi je t’aime”. Puisque Dieu dit cela à chacun de vous, puisque pour Dieu chacun est une merveille, alors vous devez accueillir votre frère chrétien, celui qui est sur le même banc que vous, comme une merveille, et laisser de côté vos préjugés. L’enjeu c’est d’entrer dans la joie de Dieu, la joie qu’il éprouve à avoir près de lui chacun de ces enfants. Lorsqu’on entend le témoignage de ce que Dieu a fait dans la vie de nos frères, ça nous donne cette joie, car on découvre tout l’amour que Dieu a pour notre frère, notre soeur. Si on est capable de faire ça avec celui ou celle qui est assis à côté de nous à la messe alors on sera capable de le faire avec tous ceux qui devraient être là aussi mais qui n’ont pas encore eu cette grâce de découvrir l’amour de Dieu pour eux.

 

* renouveler votre espérance : frères et soeurs croyez vous vraiment que Dieu peut toucher tous les coeurs ? Toi qui es ici maintenant et qui te dit peut-être que c’est trop tard, que ton péché est trop grave pour être pardonné, crois-tu que Dieu puisse maintenant te sauver si tu te laisses aimer par lui et si tu crois en sa parole ? Frères et soeurs, croyez vous encore que des gens que vous pensez très loin de lui puissent être sauvés ? Croyez-vous que Dieu a la puissance de venir chercher celui qui est tombé très bas, celui qui s’est éloigné loin de lui ? Croyez vous que Dieu aujourd’hui en 2017, peut transformer en profondeur la vie de quelqu’un, que les publicains et les prostitués d’aujourd’hui peuvent se convertirent, être touchés par l’amour de Dieu ? C’est le moment de renouveler votre espérance pour vous ou pour tel ou tel de vos proches que vous pensez loin de Dieu. Au jour de votre baptême vous avez tous reçu la vertu d’espérance. On va demander au Seigneur qu’il la réveille aujourd’hui.

 

Comment vivre ces 3 objectifs ?

Je vous donne 2 moyens concrets pour vivre cela pendant cette messe et durant la semaine :

1) vous allez tous vous avancer tout à l’heure pour communier ou recevoir la bénédiction.

Faire ce déplacement de votre place jusqu’au ministre de la communion d’un pas confiant et avec la joie de l’espérance.

– Vous pouvez faire cette démarche pour vous même si en ce moment vous vous dites que vous êtes loin de Dieu, si vous vous lamentez sur vous-mêmes et vos péchés, si vous vous dites que de toute façon vous êtes indignes et que Dieu ne peut rien pour vous. Non ! nul n’est trop loin pour Dieu. Tout homme qui se repent comme ces publicains et ces prostitués de l’évangile, tout homme qui croit en la parole de Jésus qui sauve et qui relève, Dieu lui met l’habit de fête et le fait entrer dans son Royaume.

– Vous pouvez faire cette démarche pour quelqu’un d’autre aussi, quelqu’un pour qui vous a peut-être perdu l’espérance qu’il puisse se convertir, que Dieu puisse le sauver. Vous allez vous déplacer de votre banc jusqu’au ministre avec l’audace de l’espérance. Vous allez espérer à nouveau en l’action de Dieu pour cet enfant, ce petit-enfant, cet ami, ce collègue, ce voisin,…

-> Cette démarche vous pouvez la faire aujourd’hui et je vous invite si c’est possible pour vous à venir une fois à la messe en semaine pour faire cette même démarche d’espérance. Si vos contraintes ne vous permettent pas d’aller à la messe en semaine, je vous propose de prendre cette semaine un quart d’heure devant le tabernacle ou le saint sacrement exposé pour cette personne qui a besoin que vous espériez en son salut.

 

2) deuxième moyen concret par rapport aux deux autres objectis du jour : se laisser bousculer par le Seigneur et accueillir chacun de mes frères comme une merveille.

Je vous propose d’inviter à déjeuner votre partenaire de prière, celui à qui vous vous êtes confiés au début de cette messe. Pourquoi ? c’est une manière de vous laisser surprendre par Dieu qui veut vous parler à travers le frère qu’il vous donne, qui veut élargir l’espace de votre tente, élargir votre cœur aux dimensions de son Royaume. Et je vous propose que pendant ce repas, à un moment, vous échangiez une merveille que le Seigneur a fait pour vous, peut-être un moment où vous étiez ce publicain et cette prostituée que Dieu est venu chercher. Et si vous ne voyez pas du tout ce que Dieu a fait pour vous, et bien vous allez demander la lumière à l’Esprit Saint parce que si vous êtes là aujourd’hui c’est nécessairement parce que Dieu vous a fait grâce. On n’est pas chrétien par mérite mais par grâce.

Cf histoire des 10 lépreux.