Quelle vie choisir ?

« Qui aime sa vie la perd  » (Jn 12,25)

Editorial du père François Labadens pour le dimanche 22 mars 2015

Dans l’évangile de ce dimanche Jésus nous place devant un dilemme complexe. Apparemment si l’on aime notre vie, on la perd… mais si on s’en détache, on la gagne pour l’éternité. Faudrait-il donc choisir entre notre vie actuelle au détriment de la vie éternelle, ou choisir de vivre plus tard éternellement en négligeant de vivre maintenant notre vie terrestre ?
Nous le savons, lorsque Jésus semble se contredire, c’est qu’il nous invite à chercher plus loin. Comment ici concilier ces deux approches de la vie ? Ne serait-ce pas en considérant que notre vie éternelle… a déjà commencé ? Que notre vie terrestre est le début de notre vie éternelle, à l’image d’une graine qui, en semblant mourir, se transforme en quelque chose de bien plus grand, une plante ?
Le dilemme cornélien se résout en une constatation simple: ce monde terrestre tel que nous le connaissons n’est que le terreau dans lequel Dieu nous plante pour que nous grandissions et nous transformions. Un terreau bon, puisque créé par Dieu. Mais qui n’est pas le but ultime de notre vie.
Se détacher de ce terreau pour accepter de changer n’est pas simple, nous le savons. Voilà pourquoi Jésus nous y invite ardemment et patiemment, et qu’il se donne lui-même en exemple dans sa Passion et sa Résurrection.


Sauver le monde en se convertissant

Homélie du père Hugues Jeanson pour le dimanche 15 mars 2015 (10h30)

il y a deux semaines je parlais d’écoute, aujourd’hui je vais parler de réponse à l’écoute.
Notre réponse à la Parole qui nous est adressée est la conversion, ou la pénitence, qui consiste non pas seulement à reconnaître ses fautes, ses péchés, mais à changer effectivement et concrètement son comportement.
développement : la conversion
Le premier lieu de la conversion c’est le cœur : accepter une parole qui nous corrige et résister aux freins intérieurs actionnés par notre orgueil ! C’est accepter que nos œuvres viennent à la lumière, or nos colères, nos refus obtus de pardonner montrent que nous n’aimons pas la lumière.
la conversion est difficile : se convertir est difficile, et c’est même impossible sans la grâce divine. Parfois – et même souvent – nous avons l’impression que c’est une montagne que nous avons à franchir. Mais oui Dieu veut nous voir combattre avec lui, il nous veut adulte dans la conversion : « faites votre lit »

(suite…)


Echapperons-nous à la colère qui vient ?

Editorial du père Hugues pour le dimanche 14 mars 2015

« Finalement, il n’y eut plus de remède à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple. » (2 Chroniques 36, 15)

La première lecture de ce dimanche tirée du deuxième livre des Chroniques donne à penser dans les temps qui sont les nôtres. L’auteur de ce livre biblique y relit l’histoire de son peuple, en en cherchant le sens spirituel. Dans notre passage, il rappelle les causes du désastre que furent la prise de Jérusalem par le roi Nabuchodonosor et la déportation du peuple à Babylone la ville païenne.

Nous vivons des temps troublés, qui semblent annoncer « la fin d’un monde ».  Il ne serait pas vain d’ailleurs de relire la Cité de Dieu du grand Augustin. Certes nous ne sommes pas exactement comparable au peuple hébreu du VIe siècle av. JC, car s’il vivait comme une nation à côté des nations païennes, l’Eglise vit immergée dans les nations païennes. Nous vivons dans des nations païennes, non pas comme à côté mais en leur sein, solidaires et membres à part entière. Nous ne craignons pas la destruction de nos temples de pierre, nous n’attendons pas le retour dans une terre terrestre. Par contre nous craignons d’imiter « les chefs des prêtres et du peuple », nous craignons de multiplier « les infidélités en imitant toutes les abominations des nations ».

Le temps du carême est le temps du retour véritable : temps de discernement et temps de conversion, afin que le Seigneur nous reconnaisse comme son peuple véritable, peuple de saints, doté des bienfaits de la grâce divine, faisant la vérité et venant à la Lumière.

P Hugues+